Et si on imaginait le devenir de l’écologie politique ?
Les signataires et militants écologistes de toute la France sont invités à discuter et à débattre de la structuration que doit prendre notre mouvement. Le texte ci-dessous est ma contribution personnelle au débat (notamment sur le site de l’appel du 22 mars). Cette contribution est amenée à évoluer et vos commentaires sont les bienvenus.
Le rassemblement Europe Écologie est né de « diversités » qui ont fait son succès : diversité de combats, diversités des origines, diversité des militances. La forme qui portera ce mouvement dans l’avenir devra les prendre en compte. L’enjeu est de taille : réconcilier les citoyens avec la politique au sens noble et donner aux idées écologistes l’écho qu’elles méritent dans la société.
Un mouvement divers
La diversité des combats était déjà bien présente au sein du mouvement écologiste : combat contre le changement climatique, combat pour la défense de la biodiversité, combat pour l’égalité homme / femme, combat contre le nucléaire, combat pour l’égalité des droits pour tous, etc.
La diversité des origines des militants et des candidats est un des éléments qui a fondé Europe Écologie. Elle est symbolisée par le trio qui représente Europe Écologie depuis ses débuts : le paysan altermondialiste José Bové, la juge d’instruction Éva Joly et le député européen Dany Cohn-Bendit mais s’étend largement aux militants et aux candidats des européennes et des régionales. Citons par exemple Yannick Jadot, Sandrine Bélier ou Philippe Meirieu. Ce mélange est la force d’Europe Écologie et permet de confronter différentes manières de « faire de la politique ».
Enfin, la diversité des militances est plus marquée dans Europe Écologie que dans n’importe quel autre mouvement politique : au delà des militants « traditionnels », les Écologeeks et les Écoloclastes ont démontré qu’il était possible de militer autrement, sur internet ou au sein de collectifs comme Sauvons les Riches.
La forme que prendra le mouvement de l’écologie politique doit prendre en compte ces diversités. Europe Écologie ne peut pas se contenter d’être un parti traditionnel qui se contenterait de former et de faire élire des élus. Nous devons être capable de proposer à nos concitoyens un autre modèle, un modèle qui permette de s’investir à différents niveaux, selon ses envies ou ses compétences. J’imagine 3 « rôles » pour ce « mouvement », 3 formes complémentaires, autonomes mais liées, s’enrichissant mutuellement et contribuant à l’écologie politique et à sa « pollinisation de la société ».
Parti politique
Je mets sous cette appelation le rôle qui consiste à former et à faire élire des élus mais aussi à les aider dans leur travail. Il s’agit bien là du rôle essentiel des partis politiques tels qu’ils existent (même s’il leur arrive de jouer certains des autres rôles dans certaines circonstances). Néanmoins, les pratiques de ce mouvement doivent être rénouvellées et innovantes : tirage au sort d’une partie des membres des instances, plus grande participation des militants aux décisions, …
Laboratoire d’idées
Pour nourir leur réflexion et pour construire leurs projets, les partis ont besoin de laboratoires d’idées (ou « think tank »). Ils peuvent prendre plusieurs formes, être plus ou moins liés au parti mais leur rôle reste le même : fournir au parti de la matière grise. Citons par exemple Terra Nova en France ou Etopia en Belgique. Une fondation de l’écologie politique est en train d’être créée en France, à l’initiative des Verts et a déjà produit le site Transition-s.
Association
Étant donné l’urgence d’agir face à la convergence des crises (écologique, sociale, économique) le mouvement doit pouvoir peser sur la société en attendant d’être majoritaire dans les institutions. Bien évidemment, cela passe par les élus mais on pourrait également imaginer un travail de type « associatif », un travail d’influence et d’action permanence. À l’image du travail réalisé par la fondation Nicolas Hulot avec son pacte écologique ou par l’association APRIL avec candidats.fr, nous devons pouvoir interroger nos adversaires et partenaires politiques sur ce qu’ils pensent sur les sujets qui nous sont chers. Dans le cas de nos adversaires, de telles initiatives permettront de mettre en exergue nos différences à l’heure où tout le monde se réclame de l’écologie. Dans le cas de nos partenaires, elles permettront même d’identifier les points de convergence et les points de divergence et de mieux préparer les discussions entre organisations et les accords programmatiques.
Plus encore, nous devons pouvoir lancer ou soutenir de façon massive des pétitions ou des actions ayant plus trait aux mouvements associatifs qu’aux mouvements politiques. J’imagine par exemple l’utilisation du réseau des signataires Europe Écologie sur des pétitions importantes comme sait le faire le site avaaz.org
Bien sûr, il faut trouver un juste équilibre et que cette diversité du mouvement et une sorte de dispersion. Mais c’est bien cette multitude de sous-mouvements au sein d’Europe Écologie qui permettra au mouvement de grossir et d’attirer vers lui des citoyens déçus par la politique mais qui ont beaucoup à apporter à la réflexion et à l’action en faveur de l’écologie politique. Proposer différents moyens d’agir, c’est mieux répondre à la diversité des attentes et des envies qui existe dans la société française. Tout le monde n’a pas envie d’aller coller des affiches ou distribuer des tracts mais tout le monde peut apporter sa pierre à l’écologie politique. Parmi ces engagements, aucun ne doit être plus noble que les autres, tous contribuent à faire avancer nos idées et nos combats.
Et vous, quels rôles et quelles formes imaginez-vous pour le mouvement de l’écologie politique en cours de construction ?







