Le capital Chapitre 1

              Le capital est l’œuvre phare de Marx. A mi-chemin entre un traité d’économie et de philosophie, celui-ci a mis près de vingt ans à l’écrire. Vingt années au cours desquelles il est revenu sur ses écrits, il a affiné, remodifié ses théories. Car oui bien qu’étant un monument de la théorie marxiste, le travail de Marx reste néanmoins ancré dans son époque. Il ne tient qu’à nous de se réapproprier son travail et de lui donner une lecture plus contemporaine. Les rapports de forces se distillent, prennent d’autres formes, la bourgeoisie est une classe profondément innovante lorsqu’il s’agit de pousser le prolétariat au travail. Dense et souvent compliqué à aborder, ce livre est pourtant fondamental. C’est pour cela que je me permets de vous en faire un résumé, chapitre par chapitre. Sans plus attendre, commençons.

1 — Les deux facteurs de la marchandise

              La richesse des sociétés dans laquelle règne le capitalisme apparait comme une gigantesque collection de marchandises. Mais alors qu’est-ce que la marchandise ? La marchandise en réalité c’est simplement un objet qui satisfait les besoins humains. On distingue la valeur d’une marchandise en deux points : celle de la qualité, et celle de la quantité.

               La qualité représente la valeur d’usage (VU), l’utilité de l’objet en lui-même. Par exemple une baguette de pain a une valeur d’usage qui est celle de se nourrir, une fourchette de pouvoir porter ses aliments à la bouche.

On l’a distingue de la valeur d’échange (Vé) elle représente la quantité. Qui elle constitue un rapport social entre les marchandises, elle est décorrélée de l’objet en lui même puisqu’elle se mesure en fonction du temps de travail moyen pour produire l’objet.

C’est ce qui permet de pouvoir trouver une équivalence entre deux objets qui n’ont pas de VU semblable. Ce qui crée donc la valeur de l’objet dans un monde capitaliste, c’est bien ce temps de travail moyen, la production humaine. Pour produire donc de la marchandise, il faut donc que la VU de l’objet soit d’usage pour les autres également. C’est ce que Marx appelle la valeur d’usage sociale.

Pour produire de la marchandise, il faut non seulement qu’il produise de la valeur d’usage, mais que ce soit de la valeur d’usage pour d’autres, de la valeur d’usage sociale.

Chapitre 1.1 — Le Capital

2 — Le double caractère du travail représenté dans la marchandise

Pour que se crée la marchandise, il faut donc qu’il puisse y avoir échange. Et, puisqu’on n’échange pas deux valeurs d’usage égales, il nous faut deux VU qualitativement différentes. C’est ce qui constitue une division sociale du travail.

Notons que la division que celle-ci est indispensable aux sociétés marchandes, mais l’inverse n’est pas forcément vrai.

Cette division répartie les différents travaux utiles, qui ajoute de la valeur aux matériaux d’origine via la production humaine. Les travaux utiles, explique Marx, n’ont aucun réel attachement aux sociétés marchandes, puisque de tous temps nous avons eu besoin de se vêtir, se nourrir. De ce point de vue, chaque valeur vient du travail humain et uniquement de celui-ci. Ainsi, pour 10 aunes de toiles d’une valeur V (V étant la valeur qu’ajoute le tisserand), on passera à 2V lorsque le tailleur transformera ces aunes en chemise.

Le travail contenu dans la valeur d’usage ne vaut donc que qualitativement mais sa valeur ne vaut que quantitativement. Il est à comprendre qu’un vêtement peut prendre 3 jours à être confectionné, sa valeur d’échange sera 3 fois plus grande que celle du vêtement produit en un jour, mais la valeur d’usage reste la même.

3 — La forme valeur ou valeur d’échange

A. La forme-valeur simple, singulière ou contingente

Les deux pôles de l’expression de la valeur : la forme valeur relative et forme équivalent. Marx explique qu’il y a deux types de marchandises. Par exemple la toile et l’habit. Ces deux marchandises ont une fonction complémentaire. L’habit est un vêtement, sa forme valeur simple est ce que représente le fait de s’habiller. Mais sa forme équivalente doit être relative à une autre marchandise : la toile dans cet exemple. La marchandise toile dans cet exemple prend un rôle passif. Puisqu’elle n’est là que pour être comparée. Cette formule nous donne donc : x Habits = y Toiles

On pourrait trouver ça normal, après tout un pull à 20€ pourrait être comparer à deux rouleaux de toiles à 10€ chacun. Mais pourquoi ne peut-on pas écrire cette formule : 1 Pull = 2 Toiles ? Eh bien parce qu’elle est fausse puisqu’elle manque d’un dénominateur commun. Cela sous entendrait donc que dans un certains rapport de quantité : Pull = Toile. Ceci est une perception tout à fait capitaliste qui perçoit la valeur d’une marchandise comme une gélification du travail humain. Et c’est donc la relation de la marchandise A à la marchandise B qui fait alors ressortir son caractère de valeur.

En posant la formule Pull = Toile on considère que le travail du tailleur n’a pas d’élément distinctif de celui du tisserand. Marx précise toutefois que ça n’est pas le travail en tant que tel qui et vecteur de valeur, mais bien sa coagulation, son aspect finis dans le temps.

Mais nous pouvons aller encore plus loin. L’équation 20 aunes de toile = un habit présuppose également que, puisque derrière chaque marchandise se cache du travail gélifié, ces deux quantas de marchandise coûtent chacun autant de travail. Or celui-ci varie avec chaque changement dans les forces productives. Si la production de la toile se trouve enrayée, l’équation changera en 20 aunes de toile = deux habits. Ou alors si inversement une récolte linière est plus fructueuse une année, on pourrait se retrouver avec 20 aunes de toile = ½ habits. On voit donc la force de cette valeur relative qui peut faire varier la valeur d’échange de chaque marchandise alors que sa valeur réelle, celle d’usage reste constante.

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